Le DVD est disponible à la COPAT et en magasins ( FNAC, Virgin...)

Par Nathalie Simon
C'est un petit bout de femme qui n'a l'air de rien, la bonne Mariette. Comme chaque matin, elle enfile son tablier pour vaquer à ses diverses occupations. Mariette est au service de Madame Ariane, l'aristocrate de Belle du Seigneur, le roman d'Albert Cohen. Pleinement dévouée à sa maîtresse, qu'elle a vue naître, pleine de bon sens, elle n'hésite pas à dire ce qu'elle pense. En épluchant une pomme ou en faisant briller l'argenterie. « Moi j'aime bien discuter quand même je suis seule, ça tient compagnie quand on travaille », dit l'attachante domestique. Et de relater par le menu les amours d'Ariane avec son « Trésor », les petits soucis que ses aventures lui inspirent, sans oublier l'attitude du mari : « Si c'est ça l'amour, moi j'en veux pas, avec mon défunt on aurait fait nos petits besoins ensemble pour pas se quitter et moi je dis que c'est ça l'amour. » C'est Anne Danais, une comédienne méconnue pour l'instant, qui prête sa bonhomie à Mariette. Dirigée avec simplicité par Anne Quesemand, elle est plus vraie que nature dans sa cuisine, où il ne manque plus que les odeurs de bons petits plats. Un spectacle à déguster.
Les Soliloques de Mariette, Petit Montparnasse, 31, rue de la Gaîté (XIVe) Tél. : 01 43 22 77 74. Horaires : du mardi au samedi à 19 h, dimanche à 15 h. Places : de 18 à 30 € durée : 1 h 20.
LES ARTICLES 2010
LES ARTICLES 2009
Extraits de Presse
 
Jacques Nerson : "Ce n'est pas un conseil que je vous donne, c'est presqu'un ordre tellement ce spectacle est merveilleux !… C'est prodigieux… vraiment une grande émotion théâtrale !"
Le Masque et la Plume - France Inter
 
★★★"Anne Danais prête au personnage une telle humanité qu'on aurait envie de la prendre dans ses bras pour la consoler. C'est merveille de voir une actrice épouser aussi parfaitement un personnage."
Valeurs actuelles
 
"Albert Cohen revit sur scène...Un savoureux spectacle, porté de bout en bout par une remarquable comédienne". Le Figaro
 
T T "Anne Danais joue avec une grande sensibilité… La mise en scène d'Anne Quesemand est sobre et fine et fait passer une belle leçon d'humanité." Télérama
 
"La comédienne...prête au personnage une existence poignante et burlesque." l’Humanité
 
"Une  "bavarderie" à ne pas manquer...Formidable Anne Danais qui donne vie au personnage dans la façon de s’approprier la langue, cette musicalité, cette syntaxe ample et déviante, ces mots transformés…" La Terrasse
 
"La friture d’amour...Une sacrée trempe, cette Mariette ! Et une gorgée bien fraîche d’humanité, cette Anne Danais !" Les Trois Coups
 
"Un petit bijou, ce spectacle d’Anne Danais mis en scène par Anne Quesemand." L’Arche
 
VVV "Dans sa cuisine, Mariette astique et bavarde… Admirablement dirigée par Anne Quesemand, elle joue avec subtilité sur l'humour et l'émotion pour donner à l'inénarrable Mariette charme et profondeur." La Vie
 
"La performance de l'actrice est stupéfiante avec cette gouaille respectueuse propre aux serviteurs… Monologues délicieux plein d'humour et d'humanité." Notre Temps.com
 
"Belle du Seigneur par le trou de la serrure ? Le propos pourrait être malotru et scabreux. Il est drôle et humain…. De sa cuisine, Mariette observe tout, sait tout avec malice et intuition. Toinette des années trente, elle incarne l'éternelle ambiguïté des relations maître et serviteur. L'oeil en coulisse et de la malice sous le bonnet, la comédienne Anne Danais se fait la messagère de ce courrier du coeur joliment bien troussé. Un délice." Impact médecine
 
"Comédienne solaire aussi modeste qu'efficace" Sud Ouest
 
"Et voilà que c’est par la voix d’une figure apparemment secondaire que Belle du Seigneur trouve sa place sur une scène…/...On se régale de la truculence d’une langue audacieuse et généreuse qui profite de la situation pour prendre toutes les libertés avec la syntaxe et le lexique." Webthea.com
 
"Quelques rires ça et là parcourent l’assistance. Pas ce rire condescendant dont on accorde l’obole à ces personnages sacrifiés par la tristement célèbre « raffarinade » (cette « France d’en bas ») mais des rires francs car Mariette est résolument drôle. Et Anne Danais lui prête son talent, sa générosité, son savoir jouer avec un naturel déconcertant. On réussit bien vite à oublier ces longues phrases dont « Belle du Seigneur » regorge et qu’on n’entendra pas ici. Mariette et Anne sont là pour ça. Leur rencontre, tellement évidente qu’elle semblait programmée, est de celles qu’on ne doit pas manquer." CultureCie
 
"Ici rien de gratuit ou d’approximatif, tout est minutieux et généreux." blog Marie Ordinis
 
"Dans son flot de paroles, son vocabulaire imagé et ses expressions cocasses nous font rire. Le rythme musical qui s’en dégage est « l’essentiel du travail de la comédienne et le souci premier de la direction d’acteur », souligne le metteur en scène, Anne Quesemand. Quelle justesse aussi dans le ton, la diction, pour dire un texte aussi particulier ! A elle seule elle crée son petit univers –grand dans sa tête, celui d’une domestique qui s’est toujours dévouée à ses maîtres, tout en s’effaçant." Un Fauteuil pour l'Orchestre
 
"Elle tient la scène sans esbroufe mais au contraire en restituant de l’intérieur l’âme de cette bonne attachante au franc-parler, accommodant à sa sauce les expressions usuelles. Sa prestation pleine d’humanité nous la rend si proche qu’à la fin, on a l’impression de l’avoir toujours connue." froggy's delight
Mariette soliloque au Petit Montparnasse
Par Laurence Liban
La bonne de Belle du Seigneur, seule sur scène, se livre.
Parfois, le théâtre aime à faire un pied de nez aux grands arrois de la scène pour nous mettre la tête à l'envers avec une toute petite chose. En l'occurrence, une dame de rien du tout et son bavardage à trois sous. Cette dame, c'est Mariette, la bonne "extraite" de Belle du Seigneur, d'Albert Cohen. Un coeur simple, Mariette ? Pas vraiment. Loyale, oui, mais finaude, et voulant sa part de tendresse, son lot de confidences. Et avec ça sachant souffrir de jalousie lorsque sa jeune maîtresse, enfin nantie d'un amant, lui fait comprendre qu'elle devient gênante. Mariette, c'est Anne Danais. Corps quinquagénaire enveloppé d'un tablier, voix polie aux travaux et aux jours, mains de repasseuse et coeur sans faux plis. Mise en scène par Anne Quesemand, la comédienne nous emmène dans le domaine intime, brodé de rêves et de désillusions, de son personnage. Mais au fond de ce bon fond il y a quelque chose, un germe que Jean Genet, lui, laissera pousser jusqu'au crime dans Les Bonnes. Nous n'en sommes pas là. Et Mariette amuse, émeut dans le talent éclatant d'une comédienne au charme ancien et merveilleux.
Les soliloques de Mariette, d'après Albert Cohen. Petit Montparnasse, Paris (XIVe).
Note: 8/10 
Sublime,
forcément sublime Anne Danais !
Mariette, c'est la bonne d'Ariane dans « Belle du Seigneur », d'Albert Cohen. Frottant son argenterie, épluchant ses légumes ou ravaudant dans sa cuisine, elle ronchonne du matin au soir. Les amours de sa jeune maîtresse avec Solal lui donnent de l'humeur. Avec leur prétention à ne jamais renoncer au sublime pour échapper à l'usure du quotidien, ils font bien des chichis ces deux-là. S'ils persistent à la tenir à l'écart elle rendra son tablier. Cohen recourt souvent aux monologues intérieurs. Anne Danais, prodigieuse actrice, a eu l'excellente idée de mettre bout à bout ceux de Mariette. Ainsi la passion des amants nous est-elle montrée indirectement. Nous n'en voyons que l'ombre, comme dans la caverne de Platon. L'adéquation de l'actrice à son rôle est totale. On dirait Cendrillon chaussant sa pantoufle: ils étaient de toute éternité faits l'un pour l'autre. C'est le sommet de la perfection.
Jacques Nerson
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