FLORILÈGE AU FIL DES NEIGES
 
LES CINÉ-CONCERTS ET
LA COMPAGNIE DARD’ART
 
La conception de l’accompagnement de films muets de Vadim Sher, Dimitri Artemenko et Marie Gremillard ne se limite pas à un soutien musical de l’image. C’est une composition musicale recherchée qui guette tout changement rythmique, tente de s’intégrer à l’ambiance de chaque scène et veille à souligner certains détails pour rendre la lecture du film accessible à tout public. Dans le cas des films de Barnet, la création musicale est fondée sur les mélodies et leitmotivs inspirées par la musique russe savante et populaire de la première moitié du XXème siècle. Une importance particulière est également donnée à la performance instrumentale qui justifie l’appellation de ce genre de spectacle : le ciné-concert.
 
La compagnie Dard’art monte depuis une douzaine d’années des textes de théâtre russes souvent méconnus ainsi que des cabarets, soirées littéraires et festives. Les musiques de tous ses spectacles sont des compositions originales jouées en direct sur le plateau. Vadim Sher et Dimitri Artemenko ont conçu et interprété, notamment, les musiques de L’Histoire de Sonietchka de Marina Tsvétaéva et du Kaddish de Grigori Gorine, mis en scène par Youlia Zimina.
Fantaisie de Noël, de L. Kochkina, 1993
De magnifiques peintures animées représentant une fantaisie autour du sujet du ballet d’Igor Stravinski « Pétrouchka » où Pétrouchka (Guignol russe) tombe amoureux d’une poupée danseuse.
Attraction, de A. Deminev,1995
Une attraction pour les petits, une allégorie politique pour les grands qui bénéficie dans ce programme d’une musique spécialement composée par Dimitri Artemenko.
Il était une fois un arbre, de V. Pétkévitch, 1996
Une parabole philosophique au crayon à papier sur la vie d’un homme et d’un arbre. Une incroyable performance de la transformation permanente d’une image à l’autre.
Parassolka au cirque, de V. Dakhno, 1980
L’une des aventures de Parassolka, ici clown. Un exemple de dessin animé classique avec des personnages drôles et attachants.
La Loi de la conservation, de N. Makovski, 1995
Très court-métrage représentant un balayeur qui  balaie tout, jusqu’à sa propre ombre... Projeté avec la bande son d’origine tout en y intégrant une musique spécialement composée par Vadim Sher et jouée en direct.
La Moufle, de R. Katchnov, 1967
L’histoire d'une petite fille dont la mère refuse un animal à la maison. Sa moufle en laine rouge se transforme alors en un petit chien intelligent et joueur. Un chef-d’œuvre de l’animation de marionnettes.
La Patinoire, de I. Jeliaboujlinski, 1927
Dessinée en simples traits fins, c'est l'histoire très vive d'un garçon qui devient champion de patinage sur glace. Ce film marque les débuts de l'animation russe mais reste fascinant tant par son inventivité que par sa modernité
      Peu connue du public occidental, l'animation russe constitue une étape importante de l'histoire du cinéma d'animation tant par sa qualité artistique que par sa diversité de styles et de techniques. Ce programme présente une sélection de films de différentes époques qu’accompagne un  florilège des œuvres de M. Balakirév, F. Kreisler, A. Dvorzak, P. Tchaïkovski, S. Prokofiev, A. Khatchatourian, de musique traditionnelle d’Europe de l’Est et de compositions originales.
Ce ciné-concert offre une occasion unique de découvrir des films d’animation de très grande qualité et d’écouter un concert de musique du répertoire classique et traditionnel.
 
L’ANIMATION
 
    Le film d’animation russe naît en 1910 avec le film de poupées animées La Belle Lucanide de Starevitch. La Révolution perturbe la production cinématographique en Russie qui se concentre sur la propagande de la jeune république soviétique. Quelques films d’animation sortent dans les années 20, mais c’est seulement en 1936 qu’est fondé le studio de dessins animés soviétiques “Soyouzmoultfilm”,13 ans après The Walt Disney Company. Le premier dessin animé de long-métrage est présenté au public en 1945, après la fin de la guerre. L’âge d’or de l’animation russe commence alors. Les plus grands noms de l’animation travaillent pour “Soyouzmoultfilm” - les studios indépendants n’existent pas avant 1990. Citons parmi eux, M. et V. Tsekhanovsky, Les Cygnes sauvages,1962 ; Youri Norstein et son célèbre Le Conte des contes, 1979 ; Lev Atamanov ;  Garri Bardine et ses films en pâte à modeler, Le Loup gris et le petit chaperon rouge, 1991. La plupart de ces films n’ont pas dépassés les frontières de l’URSS. Et jusqu’en 1991, seuls de rares cinéphiles avaient pu les admirer. L'animation russe représente un échelon marquant de l'histoire du cinéma d'animation par sa qualité artistique et la grande diversité de ses styles et de ses techniques. Parmi les techniques utilisées on trouve, entre autres, des peintures animées (à l’huile, à la gouache ou à l’aquarelle), des marionnettes (en volume ou à plat) alliant toutes sortes de matériaux, mais aussi des dessins animés plus classiques.
 
LA MUSIQUE
 
  La musique d’un film d’animation est nettement plus présente que celle d’un film de fiction. Il n’est pas rare qu’elle l’accompagne en continu du début à la fin. Cette omniprésence musicale est finalement très proche de celle de l’accompagnement du cinéma muet. Ses fonctions, d’ailleurs, aussi : refléter les caractères des personnages, souligner les temps forts, créer les ambiances, suivre les actions au millimètre. Après avoir créé des musiques pour films muets, la logique artistique a posé notre regard sur l’animation et nous a menés à la création de ce programme.
 
    Notre enfance a été bercée et secouée par l’animation soviétique. Certes, nous n’avions pas accès aux dessins animés étrangers, mais devenus adultes et les ayant depuis découverts, nous restons adeptes des « moultfilms » (nom donné en Russie à tout film d’animation). Lors de nos parcours de musiciens, nous apprécions particulièrement jouer les musiques traditionnelles et savantes des Pays d’Europe de l’Est. Ce ciné-concert représente donc l’alliance de ces deux univers qui nous animent.
 
    Les sept films de ce programme ont été sélectionnés pour leur intérêt artistique mais aussi pour l’intérêt qu’ils suscitaient à être mis en musique. Nous avons également veillé à représenter la fameuse diversité des styles et des techniques. Parmi les films sélectionnés deux n’avaient pas de musique à l’origine : La Patinoire, crée en 1927, appartient à l’époque du muet ; et la bande son de La Loi de la conservation est constituée uniquement de bruitages synchronisés. Pour le premier, nous avons créé une musique à partir des œuvres de Mikhaïl Balakirev, de Fritz Kreisler et de morceaux folkloriques ; et pour le deuxième, c’est une musique originale que nous intégrons à la bande son du film. Nous avons conçu pour les cinq autres films une proposition musicale différente de celle d’origine pour les accompagner, non que les musiques d’origine ne nous plaisent pas. Par un collage musical mûrement réfléchi nous avons dessiné musicalement notre vision personnelle de chaque film. Aussi, le sens de ce ciné-concert est de donner au public, jeune et adulte, l’occasion de découvrir à la fois l’animation russe, d’une grande qualité et si peu connue, et d’écouter un concert de musique du répertoire classique et traditionnel.
    Le collage musical qui accompagne ce programme est conçu à partir des œuvres de M. Balakirev, F. Kreisler, A. Dvorzak, P. Tchaïkovski, S. Prokofiev, G. Dinicù, A. Khatchatourian, de la musique traditionnelle des pays d’Europe de l’Est et des compositions originales de Vadim Sher et Dimitri Artemenko.
Un siècle de films d’animation russes
 
URSS/ Russie 1927/1996 - 50 mn
A partir de 3 ans
 
Une sélection de sept dessins animés
accompagnés d’un collage musical
conçu et interprété par
 
Dimitri Artemenko (violon)
Vadim Sher (piano)
EXTRAITS VIDEO
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